14 AVRIL 2003

Cher monsieur,

Nous avons lu avec intérêt votre article paru dans fraternité matin du 12/04/2003. Nous tenions toutefois sans avoir la prétention de vous apprendre quoique ce soit vous apporter notre point de vue.

Nous sommes surpris qu'un journaliste de votre expérience puisse écrire un article emprunt d'une telle candeur. Si nous partant du principe que la légalité est ce qui est soumis au droit.

De quelle légalité internationale parlez vous ? De quel droit international s'agit il ? Ceux que brandissent les états selon les circonstances et selon leurs intérêts. Je suis désolé de constater que tout cela relève de l'utopie. La France qui ces derniers mois s'est faite la championne du droit international semble devenir subitement amnésique à son propos quand il s'agit de l'invoquer dans le cas de la Côte d'ivoire qui est victime d'une agression par deux états parfaitement identifiés. A aucun moment elle n'a demandé l'application de ce fameux droit international dans la libération des zones occupées du pays. Et nous savons tous comment elle a piétiné ce fameux droit à Marcoussis avec l'aide de la classe politique Ivoirienne je vous le concède, qui comptaient parmi elle un professeur agrégé de droit. Nous savons tous ce que les français ont fait en Algérie. Les massacres et les tortures qu'ils y ont commises. A aucun moment nous n'avons entendu parler de droit international. Quand aux Russes qui ont réussi l'exploit de transformer Groznyï, la capitale Tchétchène aujourd'hui en ruine en gigantesque cimetière, ils ne se sont guère souciés du droit international. Nous ne devons pas nous leurrer. Lors de la conférence de Berlin les grandes puissances se sont partagées le monde comme un gâteau, et c'est ce partage qui est la base de toutes les influences présentes aujourd'hui sur la scène politique internationale.

L'Irak, état souverain ? Pour être souverain dans ce monde il faut être fort, c'est-à-dire disposer d'une armée puissante qui pourrait causer de sérieux dommages même aux grandes puissances. Un état qui confie sa sécurité à un autre, en devient le vassal. C'est ce que le président Gbagbo n'a pas compris en arrivant au pouvoir. Il devrait avoir pour livre de chevet après la Bible, "l'art de la guerre" de Sun Tse (Sunzi Bing Fa). Le plus ancien et l'un des plus célèbres traités d'art militaire du monde.