27/02/2003 

SOUMISSION

La résolution de la crise actuelle se résume en un mot : « SOUMISSION »

Soumission à Chirac de Laurent Gbagbo. Soumission politique, soumission économique, Soumission, comme l’ont été Houphouet, Bédié, et le général Gueï dans une certaine mesure à la France. La soumission de Gbagbo n’engendrera pas celle du peuple Ivoirien.

Le pouvoir en Côte d’ivoire  n’est plus personnel comme ce fut le cas sous l’ère Houphouet et Bédié. Pour l’exercer il faut obtenir l’assentiment du peuple. Et c’est là que réside toute la complexité de la situation. Même si de manière extraordinaire monsieur Gbagbo décidait de se mettre au service de la France comme l’ont été Houphouet et Bédié et comme le sont un grand nombre de président Africains, il se retrouvera automatiquement en porte à faux avec le peuple Ivoirien. Si le peuple l’a mis là ou il est, c’est d’abord pour y défendre ses intérêts et non ceux de la France. Le peuple ne veut plus acheter de ponts, de routes, et d’hôpitaux etc …  trois fois leur prix. Il ne veut plus de présidents "business man" magouillant avec leurs amis politiciens français des contrats commerciaux juteux pour eux, mais amères pour lui. Nous saurons bientôt si le président Gbagbo se soumettra ou s’est peut être déjà soumis à Chirac quand les contrats commerciaux de grandes compagnies françaises arriveront à leur terme. Si jamais les contrats de FRANCE TELECOM pour COTE D’IVOIRE  TELECOM, de BOUYGHES pour la C.I.E-SODECI et pour d’autres sont reconduits en dehors de toutes transparences, et de toutes normes. Avis d’appels d’offres internationales et choix des meilleures offre, dans l’intérêt du peuple ivoirien comme cela se fait sur le marché international. Nous aurons alors la preuve de la soumission de ce dernier à Chirac. Il aura alors perdu la légendaire virginité politique qui le distinguait tant de ses adversaires et qui scellait sa relation particulière avec le peuple ivoirien. 

De François Mitterrand à Jacques Chirac. De la démocratie de la Baule, à la fusilcratie de Linas-marcoussis, la deuxième face d’une même médaille vient de s’exprimer. La mentalité rétrograde de Chirac s’est dévoilée aux yeux de l’afrique. Il s’est trompé  d’époque, et de génération. La génération montante actuelle Ivoirienne n’a pas le complexe du blanc comme ses parents. Elle vie, discute, échange, et travaille d’égal à égal avec le blanc. Chirac par sa méconnaissance des nouvelles générations a définitivement démystifié et ridiculisé la France aux yeux de l’Afrique et du monde. Ambassade attaquée, écoles françaises pillées, centre culturel détruit, base militaire attaqué, ressortissants et mêmes soldats français terrorisés. Qui l’eut cru ? La grande France durement malmené en Côte d’ivoire. Elle a payée très cher du point de vue de son image son total irrespect du peuple Ivoirien. Aujourd’hui la voie est ouverte et nous ne serions pas surpris dans les années à venir que d’autres peuples lui fassent subir le même sort. Le seul crime du peuple Ivoirien, est d’avoir osé revendiquer sa souveraineté en choisissant lui-même ses dirigeants et non les sous-fifres agréés par la France. Les jaloux et les aigris qui ont acceptés en échange de quelques faveurs (attribution de la nationalité et de la terre ivoirienne à leurs ressortissants pour les uns, postes présidentiel et ministériels pour les autres en cas de succès) de servir d’instrument à ce funeste dessein, recevrons le châtiment réservé aux ingrats et aux traîtres le moment venu. Ce racket inhumain dont sont victimes les pays Africains depuis la traite négrière c’est-à-dire depuis des siècles, trouvera en Côte d’ivoire son tombeau.

. La vraie question aujourd'hui pour le peuple ivoirien est de faire le choix de sa maturité. Le pain beurré dans l'esclavage ou le manioc dans la liberté. Le choix est certes difficile mais toutes les nations libres aujourd'hui ont dû passer par cette étape. Aucun peuple au monde n'a jamais rien obtenu sans sacrifices. Avec une gestion saine de nos ressources propres, ce sacrifice sera beaucoup moins long et moins dur qu'on ne l'imagine. Il ouvrira une nouvelle ère de prospérité sans précédent pour le peuple ivoirien, car enfin il sera devenu le premier bénéficiaire des richesses nationales, et alors le" miracle économique" de l'ère Houphouët lui apparaîtra alors bien morose.