16 05 03

DUPLICITE

La modération des autorités françaises à laquelle nous assistons depuis quelques temps, à l'égard de président Gbagbo, ne s'explique pas seulement par la réaction vigoureuse, et sans équivoque du peuple ivoirien face à leur tentative maladroite de le priver de sa liberté, à travers les très anti-constitutionnelles accords de Marcoussis. La crainte par Paris de se voir éjecter de la côte d'ivoire par l'administration Bush après Bagdad en est aussi l'une des raisons principales. L'application de ces accords signés par une classe politique corrompue, non représentative et discréditée aux yeux du peuple ne sera pas chose aisées. D'autant plus que les points principaux de ces accords n'apportent rien à l'amélioration de la vie économique, politique et social du peuple ivoirien. Les revendications prises en compte par ceux-ci ne concernant en effet que des intérêts étrangers.

Prendre la moitié du pays en otage, pour contraindre le parlement, donc le peuple, à modifier ses lois et sa constitution, démocratiquement élaborée et votée à plus de 86 %, semble avoir été l'un des buts politique visés par les agresseurs et leurs sponsors. Cet odieux chantage fait au peuple ivoirien vise uniquement à maintenir les privilèges de la droite affairiste française dont certains sont des descendants d’esclavagistes. Il n’a jamais été question pour Chirac de laisser les rebelles engager une guerre généralisée sur toute l’étendue du territoire ivoirien et risquer ainsi la destruction des intérêts français. Si les entreprises françaises (environ 1200 filiales) se trouvaient au nord de la Côte d’ivoire, c’est le sud qui aurait subit l’agression. Les zones à envahir par les rebelles ont été choisies pour exercer le chantage sans mettre en péril les entreprises françaises. L’état français a aussi le devoir de garantir la sécurité des biens et des ressortissants français à l’étranger. Sécurité qu’il n’aurait pour rien au monde pris le risque de mettre en péril en cas de guerre généralisée.

Le président Gbagbo à donc cédé à un chantage (la levée de la force tampon) impossible et dangereux pour Chirac à mettre à exécution. Le plan « A » ayant échoué (coup d’état), ils sont passé au plan « B », c'est-à-dire à l’agitation du spectre de la guerre comme instrument de chantage pour faire plier et soumettre le président Gbagbo. Les intérêts étrangers évoqués à Marcoussis mettent en lumière les bénéficiaires de l’agression, donc leurs auteurs. La position de la France ne souffre d'aucune ambiguïté dans cette crise. Depuis le début, sa position à toujours été régulière et n'a point variée. En refusant d’appliquer les accords de défense, malgré la reconnaissance par son ministre des affaires étrangère de l’implication d’états voisins, elle a clairement marquée sa position. Le reste n’étant que duplicité (force tampon, assistance logistique).

Refuser d’appliquer les accords de défense, et contraindre dans le même temps le gouvernement ivoirien à appliquer des accords anti-constitutionnelles, visant à changer la couleur et le programme du gouvernement ivoirien, est là une position qui ne devrait faire l’objet d’aucun doute. Cette position ne variera point avant le retour au pouvoir des socialistes dans ce pays. La différence entre Américains et français est ici très nette. Les uns agissent clairement au yeux du monde et revendiquent l’entière responsabilité de leurs actes, tandis que les autres agissent de manière sournoise. Il est certes plus facile d’engager des voyous et autres mercenaires pour exécuter la sale besogne à sa place pour ne pas se salir les mains . Mais cela est aussi le signe d’une grande lâcheté et d’une grande faiblesse, pour un pays qui n’a jamais pu gagner la moindre guerre, et qui ose aujourd’hui dans la plus méprisable ingratitude donner des leçons à ses libérateurs d’hier..

Le peuple ivoirien vigilant et mature n’est point tombé dans la duperie. Il est politiquement très en avance sur ses dirigeants politiques qui sont pour la plupart corrompus et nostalgique d’une époque totalitaire aujourd’hui révolue. Après l’échec du coup d’état et de la prise du pouvoir par l’armée approchée et incitée à cet effet. La phase suivante consistant à imposer un premier ministre qui garantiraient les intérêts des entreprises françaises (notamment leurs positions de monopôles) en échange de la paix est de notre point de vue l’aveu d’un échec visant à sauver les meubles. Agiter le spectre de la guerre comme moyen de chantage n’a été en réalité qu’un énorme coup de bluff dans lequel le gouvernement FPI avec à sa tête le président Gbagbo est tombé. Ce chantage reviens très souvent dans les propos du secrétaire du MPCI, qui affirme sans se gêner devant les représentants des organes de presses en des termes à peine voilées, qu’ils ont le pouvoir parce que la réalité du terrain le confirme. Il semble oublier qu’il n y a réellement jamais eu de guerre, l’armée n’ayant jamais eue l’autorisation du président Gbagbo,  comme elle le souhaitait, pour lancer une contre attaque de libération totale du  pays. 

Nous le disons et le répétons, jamais au grand jamais Chirac et son acolyte, de villepin ne prendrons le risque d’engager la Côte d’ivoire dans une guerre généralisée et mettre en péril les milliers de milliards de biens français en Côte d’ivoire. Les français ayant effectués de massifs investissements ici ne le permettrons jamais. La Côte d’ivoire n’est pas le Rwanda qu’on peut abandonner après y avoir mis la pagaille. Les intérêts français au Rwanda, il ne faut pas l’oublier ne représentant rien. Nous ne nous étonnons pas que la France n’y ait pas déployée d’importantes forces comme en Côte d’ivoire. Ces dernières présentes ici depuis le début de la crise, le sont surtout pour sécuriser leurs intérêts des éventuels dérapage de leurs hommes de mains.

La guerre à toujours fait partie de la politique. Elle est la motivation essentielle des états, quelque soit leur budget, à équiper et maintenir une armée opérationnelle en permanence. Car la guerre, pour retourner la célèbre phrase de Clausewitz : « est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Elle intervient là où la diplomatie échoue. Elle est un instrument politique de contrainte (comme les sanctions économiques) avec usage de la force. Il suffit de jeter un regard sur l’histoire de l’humanité pour comprendre que la guerre à toujours été au centre de la politique. la plupart des frontière des états Européens quand elles ne sont pas naturelles ont été tracée à coups d’épées et de canons. La guerre sert à atteindre un but politique par l’usage des armes, que ce soit pour étendre son territoire ou vassaliser son voisin.

Sa réussite est donc déterminée par la réalisation du but politique visé, qui semble dans le cas de la Côte d’ivoire être plus motivé par un conflit d’intérêt que par un conflit idéologique. Un gouvernement réaliste assoit donc sa politique (économique, migratoire ou autres) en fonction de ses moyens militaires (Corée du nord, Pakistan, Inde etc.). Les réformes engagées par le programme de refondation du gouvernement FPI, pour le bonheur du peuple ivoirien, sont perçues d’un très mauvais œil par la droite française, dont elles remettent gravement en cause les intérêts des membres qui ont depuis toujours bénéficiés de contrats commerciaux surfacturés donc juteux, en dehors de toute transparence et de toute norme internationale (avis d’appel d’offre international). L’art de la guerre et l’organisation des troupes sont donc d’une importance vitale pour l’état. Un état qui confie sa sécurité à un autre état en devient le vassal (la Côte d’ivoire, le 43eme BIMA) et s’expose à des représailles militaires en cas de positions divergentes. Cette célèbre phrase, « qui veut la paix, prépare la guerre » semble avoir été oubliée par le gouvernement FPI lors de son accession au pouvoir malgré tous les signes qui annonçaient la situation actuelle.

En politique, la bonne foi et la bible seules ne suffisent pas. Il faut aussi une bonne dose de machiavélisme qui semble être ici la panacée. Le gouvernement socialiste FPI a perdu son « parapluie atomique » avec la défaite a l’élection présidentiel en France de Lionel Jospin. Celui-ci au pouvoir, les voisins de la Côte d’ivoire n’auraient osés participer à une agression contre elle, sachant que les troupes françaises réagiraient immédiatement à la demande de l’ex premier ministre français, membre de l’international socialiste comme le président Gbagbo. Le régime français est parlementaire, contrairement au régime ivoirien qui lui est présidentiel. Le pouvoir en France est détenue par le parti majoritaire à l’assemblée d’où est obligatoirement issue le premier ministre qui nomme les ministres en tant que chef du gouvernement. Le retour au pouvoir de Chirac en avril 2002 après cinq années d’hibernation politique dans la cohabitation, laissait le champ libre aux milieux affairiste de la droite et de leurs instruments pour lancer en septembre 2002, soit six mois après les élections, (le temps nécessaire à la préparation et à l’organisation) une agression contre la Côte d’ivoire sans craindre une réaction des troupes françaises appelé à l’inaction par le nouveau gouvernement.

Les ivoiriens devraient s’intéresser à la politique française. Cela leur permettra de savoir à quels genres d’individus ils ont affaire. Politiciens véreux, empêtrés dans des scandales financiers de tous genres. Ils ne seront ainsi pas surpris de la duplicité de ceux-ci, et sauront à quoi s’attendre de leur part. Ce sont eux qui ont enseignés la corruption et les magouilles aux politiciens africains. La politique ivoirienne à depuis toujours été définie à Paris. La classe politique ivoirienne y prenant ses ordres d’Houphouët à Bédié.

La droite française n’est pas prête à renoncer aux milliards d’Euros que lui rapporte les surfacturations dans les contrats commerciaux entre la France et la Côte d’ivoire. Elles fera tout après avoir imposée un premier ministre garantissant ses intérêts, pour le retour à la tête de l’état ivoirien d’un président à sa botte. Le manque d’éthique qui caractérise la nature des relations commerciales entre la France et la Côte d’ivoire doit être dénoncée haut et fort sur tous les toits, aussi bien en Afrique qu’en France même, afin que le peuple Français sache que son confort doit pour beaucoup aussi au pillage de l’Afrique. Les surfacturations en Afrique s’élèvent à 15 milliards de dollars par an. C'est-à-dire plus que l’aide au développement. Le continent ne se développera jamais avec à sa tête des politiciens corrompus, alliés de multinationales occidentales soutenues par leur gouvernement dans le pillage de ses ressources.

La mentalité d’esclave qui caractérise certains de nos dirigeants politiques, et qui les poussent à agir contre les intérêts de leur propre pays, est et sera toujours la base des malheurs de la Côte d’ivoire. Servir le blanc encore et toujours, même contre son propre pays, semble pour nous être un véritable SIDA mental qui fait tant souffrir l’Afrique. A cette classe de politiciens atteints de SIDA mental. Il faut absolument administrer un traitement de choc par la force si nécessaire, afin de les guérir pour toujours du total manque de respect qu’elle affiche envers le peuple. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants devant leur domicile pendant plusieurs jours, leur fera comprendre qu’ils ne sont rien devant le peuple, que certain même avec des armes n’ont pas réussi à soumettre.