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Le contentieux, relatif à la tentative de fraude de Beugré Mambé ex président de l’ex CEI, trouve sa source dans les pratiques anti-démocratique de l’antique PDCI d’Houphouët Boigny. En effet, au temps du parti unique, tous les étrangers pouvaient participer aux scrutins électoraux. Il n’y avait à cette époque là qu’un unique candidat à l’élection présidentielle, Houphouët, qui réalisait des scores de…99% que n’aurait même pas atteint le Christ lui-même. Quand aux étrangers, certains pouvaient se faire élire maire ou député. En 1990, Houphouët, sous la pression de la rue à la faveur de la chute du mur de Berlin, s’était vu contraint comme de nombreux dictateurs africains, de restaurer le multipartisme pourtant inscrit dans la constitution. Pour assurer sa victoire face à son principal opposant, Laurent Gbagbo, qui voulait une élection présidentielle, uniquement réservée aux ivoiriens, il avait décidé alors de contourner la loi qui interdisait le vote des étrangers, en leur distribuant de manière totalement illégale, des cartes d’identités nationales ivoiriennes, indispensables au vote.

Les commissariats de police furent "assaillis" par des milliers, ou peut être des millions d’étrangers pour se faire délivrer au prix 1000 F CFA le précieux document. Le PDCI, par cet acte irresponsable, venait ainsi d’ouvrir "la boite de pandore" .Gbagbo, déjà à cette époque, avait été présenté aux étrangers par ses adversaires politiques comme un dangereux xénophobe. Qui n’hésiterait pas à les chasser du pays, s’il était élu. Le vote du bétail électoral du PDCI, avait donc été un simple acte de survie. Après les élections, les forces de l’ordre, réçurent l’instruction de récupérer ces vraies fausses cartes nationales d’identités. Il va sans dire que cela provoqua de nombreux abus. Ces pauvres gens, abusés par Houphouët, pour la plupart analphabètes, avaient cru qu’ils étaient devenus grâce au fameux document, des ivoiriens à part entière. Quelle ne fut pas leur surprise et leur indignation, quand les policiers se mirent à leur arracher leurs cartes au cours d’opérations de contrôles d’identités ?

De nombreux ivoiriens nordistes au cours de ces contrôles d’identités se virent aussi arracher leurs cartes d’identités. Ces vraies fausses cartes devaient être marquées d’un signe ou code qui devait permettre aux policiers de les distinguer des autres en vu de leur récupération. Ce qu’on ne dit pas souvent, c’est que les ivoiriens du sud ne connaissent pour la plupart, pratiquement pas le nord de la Côte d’ivoire. Comment dans ces conditions, faire la distinction entre un Coulibaly ivoirien et un autre Burkinabé ? Les choses s’accentuèrent encore avec l’instauration de la carte de séjour par Allassane Ouattara. Pour certains étrangers, chefs de famille nombreuses, il valait mieux avoir une carte d’identité ivoirienne valable dix ans, plutôt qu’une carte de séjour annuelle.

Pour comprendre la stratégie d’Houphouët, il faut savoir qu’il s’était toujours appuyé sur les ressortissants des pays voisins pour asseoir son pouvoir. Il avait toujours reconnu qu’il devait ses sièges de députés du temps de la colonisation, aux voix des ressortissants de l’A-OF. Tout cela ne posait aucun problème tant que cela se passait sous l’A-OF qui était considérée comme un seul et unique territoire avec Dakar pour capitale. Après l’indépendance, Houphouët avait continué à agir comme si rien n’avait changé, nommant des étrangers à de très hautes fonctions et même à des postes ministériels. Il avait même tenté de créer une fédération avec le Mali et l’ex Haute Volta où tous les citoyens auraient eu la double nationalité. Au cours d’une réunion ou il avait présenté son projet.  Un inconnu dont l’histoire officielle avait vite oublié le nom, prenant la parole devant l’assemblée, lui avait dit à peu près ceci : «président, avant de faire cela, tu vas nous mettre nous tous ici en prison ». Houphouët avait plus tard reconnu, que ce fut la première fois que le peuple ne le suivit pas. Malgré cet avertissement, il avait continué à diriger le pays comme du temps de l’A-OF. 

Le résultat est aujourd’hui sous nos yeux : Un pays déchiré, martyrisé, coupé en deux et à qui on refuse même, jusqu'à son droit à avoir une identité propre ; Des millions d’étrangers, nées en Côte d’ivoire, parfaitement intégrés, mais porteurs de faux papiers ivoiriens, soit par ignorance, soit par l’irresponsabilité politique d’Houphouët.  Ce dernier, les avait habitués depuis l’indépendance, à participer au débat politique national, en les autorisant à participer officiellement aux élections jusqu'à sa mort en 1993. L’ex président Bédié, une fois au pouvoir, avait mis officiellement fin à cette pratique, mais le fruit était déjà pourri, car dans les faits, ils avaient continué à participer aux élections avec de vrais faux documents ivoiriens.

La liste électorale est en effet truffée d’usurpateurs. Les étrangers ont pris l’habitude de voter aux élections depuis toujours comme au temps de l’A-OF. Ils refusent de renoncer à ce droit conféré de manière illégale par Houphouët, par pure calcul politique. Ces millions d’étrangers, nées en Côte d’ivoire, parfaitement intégrés et qui se sentent ivoiriens à part entière méritent d’être naturalisés, car ils ont participés d’une manière ou d’une autre à la construction du pays. En le faisant, le reflexe du vote de survie disparaitra de lui-même et cela contribuera à atténuer de manière sensible, le vote ethnique.

Scrutateur, dans un bureau de vote pendant les élections municipales de 1990, j’avais pu à cette occasion découvrir tous les formats de cartes consulaires et d’identités des pays de la sous région. En effet, Houphouët, fidèle à sa pratique et malgré le retour du multipartisme, avait maintenu le vote des étrangers aux élections municipales et législatives. La présidentielle avait été réservée aux seuls nationaux sous la pression de l’opposition. Le vote était possible pour les étrangers, sur une simple présentation, soit de la carte d’identité de leur pays d’origine, soit de la carte consulaire délivrée par leur ambassade. La Côte d’ivoire devait bien être le seul pays d’Afrique, ou peut être du monde, où les étrangers étaient ainsi conviés régulièrement, au débat politique national. Ce sont ces même étrangers que l’on retrouve dans les manifestations du RDR et qui se font passer pour des ivoiriens. Les mêmes, qui tentent de continuer à participer au débat politique national, avec non plus les documents officiels de leur pays d’origine, mais avec maintenant de faux papiers ivoiriens et qui se présentent en victimes du nord de la Côte d’ivoire alors qu’ils viennent d’au-delà de la frontière. C’est cette gestion anarchique et catastrophique de type A-OF de la Côte d’ivoire par Houphouët Boigny, qui est à la base de tous les problèmes identitaires que connait actuellement le pays.

Des personnes, qui se sont toujours présentées comme étrangères, se sont retrouvées sur les listes électorales. Comment ne pas être choqué, quand vous entendez des ressortissants étrangers que vous connaissez depuis des décennies, narrer leurs "exploits" lors de manifestations du RDR et du RHDP ? Ces sont ces personnes là, que les médias de l’intoxication essaient de faire passer pour des victimes, alors qu’il s’agit simplement de fraudeurs, à retirer de la liste électorale. Ces étrangers, bien qu’aimant la Côte d’ivoire et étant parfaitement intégrés, resteront des étrangers tant qu’ils ne rempliront pas les conditions d’acquisitions légales de la nationalité. Il faut le dire et le répéter. La détention qu’une carte d’identité, d’un passeport ou d’un certificat de nationalité n’a jamais conféré la nationalité. C’est la preuve de celle-ci, soit par filiation, soit par mariage, soit par attribution, qui la confère. Ces situations aussi existent dans une moindre proportion en France, ou des personnes découvrent brusquement qu’elles n’ont jamais été légalement françaises, même si elles l’étaient dans l’âme. La loi est dure, certes, mais c’est la loi.

Le PDCI, ce vieux parti, sclérosé par des dirigeants usés par la corruption, n’a de démocratique que le nom. Il est à l’origine des drames identitaires que vit la nation, pour avoir laissé les questions essentielles de la nationalité et de l’intégration des étrangers se résoudre dans l’anarchie la plus totale. Ce parti, abonné pendant des décennies aux trucages électoraux, ressort ses reflexes totalitaires. La tentative de fraude, orchestrée par Beugré Mambé au profit du RHDP, nous démontre une fois encore - après les coups d’états et les rebellions - l’incapacité de l’opposition ivoirienne, à battre Gbagbo de manière démocratique. Cette opposition, certainement la plus bête du monde, ne fait qu’offrir depuis dix ans sur un plateau d’argent à Gbagbo, de légitimes motifs pour s’éterniser au pouvoir. Elle gagnerait à apprendre les vertus de la démocratie et de la patience. Dans un pays normal, l’opposition s’oppose, le parti au pouvoir gouverne. Il  reste ainsi, le seul comptable de sa gestion, bonne ou mauvaise. En entrant au gouvernement, ces opposants affamés, partagent les responsabilités de mauvaises gouvernances, diluant ainsi les responsabilités du FPI. Plus cette opposition s’excite contre Gbagbo, plus il apparait malgré "les énormes casseroles" trainées par son entourage, comme une victime de l’impérialisme français et de ses valets, aux yeux du peuple, ce qui n’est d’ailleurs pas totalement faux.