PDCI_RDA_logoVous vous faites agresser en pleine nuit chez vous. Vos agresseurs sont identifiés. L’affaire passe en jugement. Coup de théâtre, le juge s’avère être le chef des agresseurs. Il est clair que dans ces conditions, vous n’aurez aucune chance que justice vous soit rendue. C’est exactement le scenario qui se joue actuellement en Côte d’ivoire, où le chef des rebelles, le sanguinaire Blaise Compaoré est aujourd’hui censé œuvrer pour la résolution de la crise. Il est certain qu’il agira, comme un juge véreux, dans le sens des intérêts de ses acolytes.

Chose lamentable, c’est voir le PDCI, sans aucune dignité, s’allier avec ses bourreaux d’hier. S’allier avec ceux qui l’ont honteusement chassé du pouvoir. Ceux qui ont emprisonné et torturé ses ministres et hauts dignitaires au camp militaire d’Akouédo. Ce parti politique, sclérosé par des dirigeants grabataires et corrompus est prêt à toutes les compromissions, fût-ce avec le diable, pour un retour au pouvoir.

La décrépitude du pays et les souffrances des ivoiriens comme le confirme les déclarations de son secrétaire général, le bien nommé Djédjé Mady sur le désarment, sont les derniers de ses soucis. Les membres de ce piteux parti, préfèrent leur bien-être personnel à l’intérêt national. Que peut donc attendre le peuple ivoirien de ce groupement d’individus, qui placent leurs intérêts personnels avant leur pays ?

Gbagbo avait eu tort, de ne pas condamner ceux qui avaient attaqué et fait tomber le PDCI en 1999, car ce sont les mêmes qui ont attaqué et divisé le pays en septembre 2002. Si vous applaudissez à l’agression de votre adversaire politique par des malfaiteurs armés, l’ironie du sort risque de vous faire subir la même épreuve. Il faut toujours se rappeler en politique, comme dans la vie courante ce vers de Ménandre, rapporté par Plutarque dans son discours sur la sérénité intérieur : « Tout être sensé frémit devant ce vers : « Tant qu’il est en vie, qui peut dire, ceci ne m’arrivera pas ? »

Charles Taylor et Blaise Compaoré se tordaient de rire, lorsque la possibilité de leur comparution devant le TPI était évoquée. Les dés sont jetés pour l’un. Taylor croupit actuellement dans une cellule du TPI. Le second, en sursis, tente de se forger une fausse image de faiseur de paix, pour espérer échapper à son destin. Les caciques du PDCI, du temps de leur splendeur n’avaient jamais pris au sérieux la possibilité d’un coup d’état, croyant le règne de leur parti éternel. Gbagbo résiste au de-là de tous les pronostiques depuis dix ans, à toutes les tentatives de déstabilisations, mais ne peut plus traiter Houphouët, ni le PDCI de voleur, tant son entourage et son propre parti en sont infestés. Qui aurait cru possible en Côte d’ivoire- pays du dialogue et de la paix ?-, des scènes et des images, dignes de la guerre civile Libérienne ? Face aux agitations mesquines et égoïstes de l’ensemble de la classe politique, l’ironie de l’histoire risque de nous réserver encore de nombreuses surprises.