Doit-on se fier à la parole d’un criminel sanguinaire comme Blaise Compaoré ? La réponse, d’une évidence élémentaire est non. C’est bien pourtant cette « erreur de gawa1 » comme disent les abidjanais qui a perdu le président Gbagbo, qui affirmait qu’il n’irait pas aux élections comme un mouton à l’abattoir. C’est portant ce qu’il a fait en acceptant des élections anticonstitutionnelles, dans un pays coupé en deux par ses adversaires politiques, et en leur donnant en sus le contrôle de la commission électorale indépendante, qui ne l’était de toute évidence que de nom.

Après novembre 2004, il s’était totalement désintéressé du sort de la population, ne se focalisant que sur la préservation de son fauteuil présidentiel, laissant la porte ouverte à toutes sortes de dérives inadmissibles. En tournant le dos au peuple, au socialisme et au programme de gouvernement pour lequel il fut élu, il tourna le dos à son avenir politique. Toutes ses reculades et génuflexions que constituaient les contrats scandaleux de gré à gré et les reconductions de contrats des entreprises françaises en situation de monopole ; tous les milliards versés aux ressortissants et entreprises françaises en guise de dédommagement, alors que les ivoiriens massacrés et mutilés par l’armée française étaient laissés à leur triste sort, n’ont été en réalité que des actes de hautes trahisons envers le peuple ivoirien.

En refusant de s’engager ouvertement et pleinement dans la lutte contre l’impérialisme et le néocolonialisme, et préférant jouer les équilibristes, espérant sans doute un retour dans les bonnes grâces de la France, il s’est fait avoir. Il serait encore à la tête de la nation ivoirienne, s’il avait ouvertement et irrévocablement suivi les pas des Evo Moralès, Mahmoud Ahmadinejad, Hugo Chavez, Fidel Castro etc etc qui ont fait un choix franc et déterminé contre la domination occidentale et qui n’auraient jamais, eux, accepté, quel qu’en soient les circonstances, les choix inacceptables que fit Gbagbo au nom d’une paix impossible, pour ses adversaires politiques, sans son départ du pouvoir.

Allant de compromissions en compromissions dans un partage nauséabond du pouvoir avec les rebelles pendant que ses compatriotes se faisaient massacrer par ces derniers, Gbagbo, à trop vouloir ruser avec le peuple et s’arranger avec la France et ses mercenaires qu’il ne voulait plus combattre se retrouve, de nouveau, prisonnier du sanguinaire burkinabé Alassane Dramane Ouattara, 19 années après le 18 février 1992.

Il réalise, douloureusement, aujourd’hui qu’aucune ruse, ni aucun arrangement n’est possible avec le diable occidental : Il n’y a aucunes autres alternatives que la soumission ou le combat à mort. Si Gbagbo l’avait compris, il serait aujourd’hui soit mort dignement les armes à la main, tombé en héros de la lutte contre le terrorisme occidental, soit aurait vaincu les néo esclavagistes car il aurait mis à profit le soutient que lui manifestaient des millions d’ivoiriens prêt à donner leur vie pour la dignité de la nation. Au lieu de cela, naïf à souhait, il passa l’essentiel de son temps à les endormir avec des discours démagogiques de réconciliation et de pardon pendant que la France entrainait et armait ses mercenaires et échafaudait son plan macabre de reconquête coloniale. Aujourd’hui, la preuve est faite avec ces milliers de morts que la réconciliation n’a jamais été le souci des rebelles. Leur seul objectif était la prise du pouvoir par tous les moyens possible, même en massacrant des milliers d’innocents. « L’accord de Ouaga » n’était qu’un vulgaire attrape-nigaud. Gbagbo est donc le principal responsable de toutes les tueries commise par les mercenaires de la France. Car c’est bien lui, par ses discours démagogiques sur une hypocrite réconciliation nationale, qui a endormi le peuple et qui a légitimé les rebelles en leur distribuant des postes ministériels et des grades militaires plutôt que des rafales biens mérités de kalachnikovs.

Gbagbo, s’il était homme d’honneur et de dignité n’aurait jamais accepté de siéger dans le même gouvernement que les assassins de feu Emile Boga doudou, ou alors avec pour objectif de lui rendre un jour justice. Pour avoir tout accepté, même l’inacceptable, il a plongé la nation dans une détresse et une misère inconcevable. En 2004, s’il avait eu la moindre considération pour la vie de ses concitoyens massacrés par l’armée française -une soixantaine de mort et plus de 2000 blessés- il aurait rompu les relations diplomatiques avec la France, expulsé son ambassadeur et exigé le départ immédiat de l’armée française de Côte d’ivoire discréditée par ses crimes de guerre selon la convention de Genève. Il aurait mis fin aux contrats malhonnêtes des entreprises françaises en situation de monopôle. Et aurait sorti la nation ivoirienne de cette monnaie esclavagiste qu’est le francs CFA. Il avait sous la main une unique occasion pour se débarrasser définitivement de la France. Au lieu de tout cela, qu’a-t-il fait ? Il préféra faire ami-ami avec les sanguinaires Blaise Compaoré et Soro Guillaume qui ne sont rien d’autres que les âmes damnés et les sinistres exécutants des œuvres macabres des néocolons.    

    1-Gawa ou gaou : nigaud dans le langage familier ivoirien. Il provient du mot gawa en langue guinéenne sousou qui signifie imbécile. Gbagbo gawa naïra.