En cédant à tous les desideratas des rebelles dont le seul bénéficiaire n’était personne d’autre que le burkinabé Alassane Dramane Ouattara leur commanditaire, il a offert, lui-même, à ses ennemis mortels les moyens de sa neutralisation. Il était clair dans l’esprit de tous que les rebelles, à travers les différents pseudos accords de paix, ne faisaient rien d’autres que réclamer à Gbagbo des instruments pour le battre. Nous avons nous aussi été bien naïfs de croire, à une certaine époque, que jamais l’opposant historique d’Houphouët ne tomberait dans ce piège, grossier et visible comme un nez au milieu de la figure, en offrant lui-même à ses ennemis les instruments de sa neutralisation.

En légitimant les mercenaires d’Alassane Ouattara en nommant l’un d’eux au poste de premier ministre ; en leur cédant la commission électorale indépendante, qui ne l’était que de nom- composée à 80% de ses adversaires avec à sa tête un Youssouf Bakayoko allié politique d’Alassane Ouattara- ce qui permit l’introduction frauduleuse de milliers d’étrangers dans le fichier électoral ; en permettant la tenue du scrutin présidentiel – malgré toutes les mises en gardes liées aux risques de fraudes et de troubles- sans le désarmement des mercenaires de Ouattara, Gbagbo créa, lui-même, les conditions de sa mise à mort.

Sa propension à vouloir, coute que coute, négocier la liberté de la nation en se rapprochant dangereusement de ses ennemis, et en cédant à toutes leurs revendications lui fut fatale. Sa naïveté le poussa à accorder sa confiance au plus grand criminel de l’Afrique de l’ouest : Le sanguinaire Blaise Compaoré. Cela lui fit oublier ce que dit l’adage populaire : « Pour diner avec le diable, il faut avoir une longue cuillère ». Nous en avons aujourd’hui acquit la ferme conviction, Gbagbo n’a jamais lu Clausewitz1 : En signant la « feuille de choux » qu’étaient les accords de Marcoussis, puis ce papier toilette, cet attrape-nigaud que représentait l’accord de Ouagadougou, il s’est fait hara-kiri, entrainant comme nous le redoutions des millions d’ivoiriens dans sa chute.

Son sort nous importe peu, car, notre pensée va d’abord vers les familles des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes violées, torturés et massacrés par les rebelles sanguinaires du burkinabé Alassane Dramane Ouattara, à cause de la naïveté de Gbagbo qui laissait croire aux ivoiriens dans ses discours démagogiques qu’il avait le total control de la situation, alors qu’il s’engageait dans un processus dont il ne maitrisait manifestement pas tous les contours.

1-Clausewitz, général autrichien, auteur du célèbre traité militaire « De la guerre », aujourd’hui l’une des « bibles » de tous les états major. Sa célèbre phrase demeure en outre vivace dans les esprits : « La politique est la continuation de la guerre par d’autres moyens ».