chavez

Le 11 avril 2002, une manifestation de l'opposition regroupant des centaines de milliers de manifestants se redirige vers le palais présidentiel de Miraflores. Au niveau du pont « Llaguno », sur lequel sont rassemblés de nombreux partisans d'Hugo Chávez, des tireurs embusqués, postés sur les édifices alentours ouvrent le feu, blessant et tuant partisans et opposants à Chávez. Le bilan des heurts entre manifestants et partisans du président fait état de 15 morts. Dans la soirée, un groupe de militaires, par la voix du général Lucas Rincon, demande à Hugo Chávez de démissionner, mais il refuse. Hugo Chávez est alors arrêté et séquestré par les militaires, et un nouveau gouvernement autoproclamé est mis en place. Pedro Carmona, président de la chambre de commerce du Venezuela, en prend la tête.

 

Le lendemain a lieu une manifestation massive de la population de Caracas qui finira par dépasser par son ampleur les forces de police; soutenue par la garde présidentielle restée fidèle à Chávez, elle renverse avec l'aide de ces derniers Carmona qui prend la fuite avec son gouvernement. Les ministres de Chávez qui s'étaient pour la plupart cachés reprennent les uns après les autres leurs fonctions. Comme le prévoit la Constitution, le vice-président Diosdado Cabello assume l'intérim de la présidence, jusqu'à ce qu'Hugo Chávez soit localisé, puis libéré, le soir même du retour au pouvoir de l'ancien gouvernement.

 

En 2004, le ministre des affaires étrangères espagnoles Miguel Ángel Moratinos accuse le gouvernement de José María Aznar d'avoir encouragé l'ambassadeur à appuyer le coup d'État.

 

Anti-américanisme et anti-impérialisme

 

Le régime Chávez affiche une forte hostilité envers l'administration des États-Unis et ce qu'il qualifie d'impérialisme américain. Chávez a accusé le gouvernement américain de comploter pour perpétuer l'hégémonie de son pays en Amérique latine, et pour y arriver, de vouloir renverser son gouvernement. En mars 2004, il porte plainte contre les États-Unis auprès de l'Organisation des États américains (OEA), les accusant d'avoir participé au putsch de 2002. Il dit avoir de nombreuses preuves de leur participation qui concerneraient, entre autres, la présence de navires de guerre de l'US Navy dans les eaux territoriales vénézuéliennes. Le 15 septembre 2005, lors du sommet du 60e anniversaire de l'ONU, il déclare qu'il faut transférer cette organisation : « Nous proposons que le siège des Nations unies [à New York] quitte un pays qui ne respecte pas les résolutions de lAssemblée générale ». Il annonce ensuite lors d'une émission de télévision de la chaîne américaine ABC que les États-Unis veulent envahir le Venezuela. Le 20 septembre 2006, lors d'un discours à l'assemblée générale de l'ONU, il qualifie le président américain de « menteur » de « tyran » et de « diable ». Il avait auparavant parlé de George Bush comme d'un «âne » ou d'un « ivrogne ». Son hostilité de principe aux États-Unis est critiquée à l'étranger par ceux qui n'y voient que des manœuvres politiques pour unifier les habitants du pays face à un ennemi fantasmé1. Noam Chomsky de son côté souligne combien Washington est « bouleversé » : « l'idée que les ressources d'un pays doivent être utilisées pour les gens de ce pays fait vraiment peur. Les ressources du pays doivent être utilisées pour nous.» Le 13 septembre 2006, il exprime publiquement ses doutes portant sur la version du gouvernement américain des attentats du 11 septembre en s'interrogeant sur un possible dynamitage des tours jumelles et l'usage d'un missile pour frapper le Pentagone : « Un avion serait tombé sur le Pentagone. Mensonge ! À moins que ce soit un avion invisible !». Sa déclaration est concomitante d'une résolution du Parlement vénézuélien demandant au président Bush des éclaircissements sur sa version des attentats. Au nom de l'anti impérialisme, Chávez désire une disparition du FMI, qu'il qualifie de « Dracula ». Le 30 avril 2007, Chávez a déclaré la sortie de son pays du FMI.

 

Après le renvoi par Evo Morales de l'ambassadeur américain en Bolivie, il fait de même le 12 septembre 2008 après avoir déclaré « Allez vous faire voir, yankees de merde. Nous sommes un peuple digne », et accuse le gouvernement américain de fomenter des complots contre lui. Le porte-parole du Département d'État des États-Unis déclare peu après : « Le renvoi de l'ambassadeur reflète la faiblesse et le désespoir de ces dirigeants confrontés à des défis internes et leur incapacité à communiquer efficacement à l'étranger pour obtenir un soutien international ». Le journal britannique The Economist développe la même idée, écrivant que ce renvoi de l'ambassadeur américain n'est qu'un moyen de « détourner l'attention des difficultés intérieures croissantes » que Chávez rencontre. Moisés Naím, ancien ministre vénézuélien écrit pour sa part dans El Pais que les propos de Chávez sont ceux d'« un politicien utilisant la vieille recette d'invoquer l'impérialisme yankee pour distraire les mécontents».

 

Source :Wikipédia