Pendant le même temps, vous avez vu tous ces suppôts du diable en transes, vouer aux gémonies Laurent Gbagbo, appeler à son assassinat et à la destruction de la Côte d’Ivoire qui ne veut pas se coucher. Ces esclaves modernes portent costume-cravate, roulent carrosse et voyagent en first class, l’injure à la bouche et le quolibet aux lèvres, fortement convaincus d’appartenir au bon camp. Honni soit qui mal y pense, ce qui les meut, c’est seulement le triomphe de la démocratie telle que les blancs se sont échinés à nous l’enseigner ! Et défense de rire, ils ne reculeront devant aucun obstacle afin de faire régner cet ordre démocratique ! Touchante mobilisation, n’est-ce pas ? Ce sont ces êtres vils, méprisables et qui serrent aujourd’hui la queue entre les jambes qui ont droit au respect après avoir garni leurs comptes en banque pour longtemps avec le salaire de l’ignominie et du parricide, ce sont ces traîtres à leur race qui ont droit au respect et à l’estime, pendant que ceux qui ont pris leur courage à deux mains pour défendre au prix de leur vie les intérêts bien compris de l’Afrique devraient raser les murs et répondre du crime abject d’avoir été payés ! Mais dans quel monde sommes-nous, vraiment ?

En vérité les intellectuels de valeur, pas forcément africains, qui ont eu l’honneur de faire écran devant les autorités légitimes de la Côte d’Ivoire pour défendre l’Afrique et les Africains sont des héros que le peuple ivoirien n’oubliera jamais. Si l’argent était leur motivation principale, il ne fait pas de doute qu’ils auraient choisi le camp où celui-ci coulait à flots, le camp de la force brutale, du mensonge et du banditisme parce que le clan du grand capital qui rêve d’une Afrique à sa botte ! Mais les gens motivés le sont par des valeurs compulsives, simples et belles qui sont bien au-dessus de l’argent et tout ce qui lui est consubstantiel, allez expliquer cela aux mercenaires et agents infiltrés de la cinquième colonne, ces voyous cachés derrière des micros, caméras, plumes et ces professionnels d’ ONG qui ne vivent que de tels contrats !

Pendant que vous y êtes, connaissez-vous au monde un seul pays exclusivement francophone qui soit développé ou même en voie de l’être ? Ne cherchez pas trop : il n’en existe pas ! Il s’y ajoute que tous ces pays, appauvris suite au pillage structurel de la colonisation, ont besoin de la France. La France, pour sa part, n’a pas besoin d’eux sauf pour leur faire faire de sales besognes ! Faites le parallèle avec la Côte d’Ivoire pour comprendre : ce pays a la chance de ne pas avoir besoin de la France, mais, pour son malheur, la France a besoin de lui !

Comment expliquez-vous qu’un opposant en Afrique puisse attirer tant d’admiration des Occidentaux comme Alassane Ouattara ?

Evidemment, s’il est un bon cheval de Troie de leurs intérêts, pourquoi n’en feraient-ils pas leur chouchou ? Cela vous étonne ? Ouattara, sitôt nommé premier ministre par le vieux président moribond, s’empresse de vendre toutes les entreprises d’Etat de la Côte d’Ivoire, parfois au franc symbolique, aux amis de Chirac et Sarkozy ! L’Etat français, à travers des sociétés-écran, achète pour des cacahuètes toutes ces entreprises, soit près de 82% du tissu industriel ivoirien, contribuant pour 55% aux recettes budgétaires.

En toute illégalité, les marchés se passent par entente directe, au gré à gré. Le groupe Bouygues et ses tentacules se frottent les mains : les doigts dans le nez, sans le moindre effort, l’agent Ouattara leur sert sur un plateau d’argent les trois secteurs les plus sensibles, les plus délicats qui soient, ceux qui, dans tout Etat, sont considérés comme les secteurs de souveraineté par excellence : l’eau, l’électricité, le téléphone. En partenariat technique avec France Telecom pour ce dernier secteur, Martin Bouygues, roi mondial du béton, propriétaire de Tf1 et d’une kyrielle d’organes de presse, se voit offrir également les deux premiers, mais aussi la plate-forme pétrolière d’Azito, les Grands moulins, le gaz, l’exploitation de l’or et du diamant, le chantier du troisième pont d’Abidjan ! Bolloré n’est pas en reste et se sucre dans le transport multimodal et les ports.

Au total, ce ne sont pas moins de 70 entreprises d’Etat qui sont cédées au privé français pour seulement la minable somme de 322 milliards F Cfa là où, bien négociée, une seule licence de téléphonie peut faire tomber dans l’escarcelle d’un Etat au moins 200 milliards ! Le plus souvent, le premier ministre Ouattara cède les entreprises au franc symbolique. Le comité de pilotage des privatisations monte, en général, les dossiers avec toute la rigueur requise, mais c’est uniquement pour la forme, les cahiers de charges sont royalement ignorés !

Pour son retour au pouvoir, ses maîtres ont mis le prix qu’il fallait : un coup d’Etat continu qui n’a abouti que neuf ans plus tard, quelques dizaines de milliers de victimes, un pays dévasté, des centaines de milliers de réfugiés, le tissu social irrémédiablement déchiré, la réconciliation compromise à jamais, avec un risque permanent de reprise des affrontements et d’embrasement d’un conflit pas encore fini vu qu’il n’y a aucune force capable de mettre un terme aux exactions des bandes armées de Ouattara qui continuent de tuer dans l’impunité totale, sans commandement ni chef.

Pour le reste, ne vous y trompez pas, chaque fois que  vous verrez les puissances occidentales aux petits soins pour un opposant africain en quête du pouvoir suprême, soyez sûr qu’il ne s’agit que d’un domestique qui va leur restituer au centuple milliard leur soutien une fois ce pouvoir obtenu ! La démocratie n’est qu’un prétexte qui ne trompe plus personne !

Source : lynx.info