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Blé Goudé met en garde le régime Ouattara: «Les Ivoiriens se lèveront un jour contre vous»

Publié le lundi 18 juillet 2011   |  L'Inter

 «Tenons bon chers amis, la lutte ne fait que commencer. Ouattara doit libérer Gbagbo, Ouattara doit libérer Gbagbo.» C'est en ces termes que Charles Blé Goudé a conclu son intervention diffusée sur des écrans géants dans le 13ème Arrondissement à Paris. Dans la capitale française en effet, s'est tenu, le samedi 16 juillet 2011, un conseil européen du Congrès panafricain des jeunes et des patriotes(COJEP). C'est à cette occasion que le président de cette structure a, depuis sa cachette, dénoncé ce qu'il qualifie de ''tares'' du régime d'Alassane Ouattara. « Les Ivoiriens se lèveront un jour contre vous. Et croyez-moi, cela ne tardera pas parce que tous les signes d’un pouvoir dictatorial sont mis en place », a menacé Blé Goudé. Il a condamné la détention dans le nord, d'ex-dirigeants du pays, dont les anciens Premiers ministres Affi N’guessan et Aké N’gbo, mais aussi Michel Gbagbo, fils de l'ancien président ivoirien. « Si on devait mettre en prison tous ceux qui s’opposent à un pouvoir, Alassane Ouattara aurait fait la prison au moins quinze fois dans ce pays. Lui qui voulait rendre la Côte d’Ivoire ingouvernable, il l’a rendu aujourd’hui ingouvernable pour tout le monde et pour lui-même », a-t-il fait remarquer. Selon Blé Goudé, tous ceux qui ont participé, d’une matière ou d’une autre, à la campagne électorale de Gbagbo sont aujourd'hui traqués, poursuivis et tués par les hommes de Ouattara. « Leurs comptes bancaires sont bloqués et on les accuse d’être à la base de toutes les souffrances de la Côte d’Ivoire aujourd’hui. Ce n'est pas juste », a-t-il martelé. A ceux qui l'annoncent dans tel ou tel pays, voilà ce que Blé Goudé a dit: « Moi je suis là où je dois être. Et cette clandestinité, je suis prêt à l’assumer. J’ai été ancien secrétaire général de la FESCI et pendant huit ans, je ne vivais que dans la clandestinité. Donc, je ne fais que reprendre ma vie normale.» Le président du COJEP a demandé au président Ouattara de l'inscrire désormais sur la liste des opposants à son régime. Blé Goudé veut être un opposant civilisé, arguant qu'il n'est pas un partisan de coup d'Etat. « Je serai un opposant bien éduqué, un opposant qui critique et qui propose. Je ne serai pas un opposant qui prend les armes contre un pouvoir », a clarifié l'ancien ministre de la Jeunesse de Gbagbo.


« Justice à deux vitesses »
Blé Goudé a dit espérer que l'opposition ivoirienne n'ira pas à des élections législatives truquées d'avance par le pouvoir en place. « Les mêmes causes produisant les mêmes effets, si nous allons aux élections législatives dans ces mêmes conditions, nous les perdrons d’avance et puis nos militants seront égorgés par la suite pour nous avoir votés », a-t-il averti, avant d'ajouter: «Dans la Côte d’Ivoire de Ouattara, la nouvelle règle est celle-là: si vous ne votez pas pour Ouattara ou ses candidats, on vous tue systématiquement. Tous ceux qui ont été tués et traqués dans les villes et villages, c’est parce qu’ils ont voté Gbagbo», a-t-il accusé. Blé Goudé a donc invité la communauté internationale à interpeller le régime d'Abidjan pour que les conditions d’élections législatives justes et transparentes soient réunies. Il a relevé que sous Gbagbo, l'opposition avait sa place en Côte d'Ivoire, à l'image des opposants Ouattara et Bédié qui étaient, selon lui, bien traités et dont les partis politiques étaient financés par l'Etat. «Nous ne sommes pas des partisans de coup de force. Mais c’est le peuple qui dira un jour ‘’non’’ à Ouattara », a-t-il insisté. Dénonçant la chasse aux cadres LMP et proches de Gbagbo, Blé Goudé pense que la réconciliation voulue par le président Ouattara apparaît comme un leurre. « Qui va punir ceux qui ont tué Désiré Tagro, qui ont éventré et violé des femmes en 2002, qui ont tué une centaine de Gendarmes en 2002 à Bouaké et qui ont tué un millier de Guéré à Duékoué il y a quelques mois? », a-t-il interrogé pour dénoncer une justice à deux vitesses. «Je voudrais demander à Ouattara d'éviter d’instrumentaliser la Justice contre Gbagbo et ses partisans», a poursuivi le leader des jeunes patriotes. Blé Goudé a accusé le nouveau régime de faire du tribalisme et du régionalisme dans les nominations aux hautes fonctions de l'Etat. « Quelle est cette administration tribale que le nouveau pouvoir installe dans cette Côte d’Ivoire plurielle? », s'est-il interrogé. En tout cas, Blé Goudé refuse de se taire malgré le mandat d'arrêt lancé contre lui. «On veut me bâillonner en me lançant un mandat d’arrêt. On ne réussira pas. Je parlerai et je dénoncerai toutes les tares du pouvoir Ouattara. Tenez bon camarades, parce que la lutte ne fait que commencer.», a-t-il dit. Pour le reste, Blé Goudé a félicité Patrice Kouté, représentant du COJEP en Europe et les conférenciers Alain Toussaint, Calixte Beyala et Michel Ghaly pour leur participation au Conseil du COJEP à Paris.

TRA BI Charles