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Le jour où les africains se mettront à penser et à agir comme les présidents iranien, vénézuélien, cubain et péruvien, ils pourront à ce moment là aspirer à être réellement indépendant moralement, mentalement, politiquement et économiquement. Le président iranien ne s’est pas gêné le moins du monde pour faire la morale aux donneurs de leçons, en appelant le conseil de sécurité de l’ONU à agir pour faire respecter les droits de l’homme au Royaume-Uni. Un exemple à suivre !

Ahmadinejad s'indigne de la violence au Royaume-Uni

Le Point.fr - Publié le 09/08/2011 à 19:34 - Modifié le 10/08/2011 à 13:14

Condamnant "le comportement sauvage de la police britannique", le président iranien a demandé au Conseil de sécurité d'agir.

Par Armin Arefi

Mahmud Ahmadinejad fait encore parler de lui. Victime d'une violente fronde de la part du guide suprême et de ses proches à l'intérieur de son pays, le président iranien s'est saisi de la première brèche occidentale pour détourner l'attention internationale de la crise dans laquelle il est empêtré. Le chef de l'État a ainsi condamné, mercredi, "le comportement sauvage de la police britannique" face aux émeutes qui secouent la Grande-Bretagne depuis quatre jours et a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'intervenir, rapporte la télévision d'État. "Le comportement sauvage de la police britannique est inacceptable", a-t-il ajouté à la sortie du conseil des ministres, non sans une certaine forme de cynisme.

Des mots pour le moins étonnants venant d'un homme dont les forces de sécurité sont responsables de la mort, en 2009, d'au moins 150 manifestants pacifiques qui avaient contesté sa réélection à la présidence du pays. Mais Mahmud Ahmadinejad ne s'est pas arrêté là. "Au lieu d'envoyer des troupes en Irak, en Afghanistan, en Libye pour piller le pétrole, ils feraient mieux de penser à leur population. Une partie de la population britannique a perdu patience [...] et n'a aucun espoir dans l'avenir", a-t-il insisté.

L'Iran veut mener l'enquête

Le président iranien a également dénoncé "le silence" des Nations unies. "Si un centième de ces crimes avait été commis dans un pays hostile à l'Occident, les Nations unies et les organisations qui prétendent défendre les droits de l'homme auraient vociféré [...]. C'est un test pour le Conseil de sécurité, pour voir s'il ose condamner un de ses membres permanents", a-t-il affirmé. Cette déclaration du président iranien intervient au lendemain d'une étonnante proposition d'un député iranien : l'envoi d'un groupe de rapporteurs iraniens en Angleterre pour enquêter sur les "violations des droits de l'homme".

Hossein Ebrahimi, chef de la commission de la Sécurité nationale et de la Politique étrangère du Parlement iranien, a expliqué, selon l'agence de presse semi-officielle Fars, que le groupe en question souhaitait interroger les "détenus politiques" anglais dans le but de rédiger un rapport sur les traitements infligés aux manifestants anglais. Le député iranien en a profité pour presser le gouvernement anglais, ainsi que l'ambassade britannique à Téhéran, de faciliter une telle visite "sans invoquer de fausses excuses". Hossein Ebrahimi n'est pas le seul représentant iranien à tancer les autorités britanniques.

Refus du rapporteur de l'ONU

Mardi matin, c'est le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, qui a appelé la police britannique à la "retenue", avant de conseiller au gouvernement anglais d'entamer un dialogue avec les manifestants afin d'"apaiser la situation". Plusieurs milliers de manifestants iraniens ont été arrêtés en 2009 pour "conspiration contre l'État" et "liens avec les puissances étrangères". Ironie du sort, l'Iran a arrêté le 28 juin 2009 neuf employés locaux de l'ambassade britannique à Téhéran pour avoir "fomenté des troubles". S'alarmant de la dégradation des droits de l'homme en Iran, l'ONU a nommé, en mars, le Maldivien Ahmed Shaheed rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme dans le pays. Une nomination que la République islamique a catégoriquement rejetée, précisant qu'elle ne l'autoriserait pas à pénétrer à l'intérieur du territoire iranien.

Un Britannique de 26 ans a succombé mardi à ses blessures et plus de 650 personnes ont été arrêtées à Londres et à Birmingham, après trois nuits consécutives d'émeutes, durant lesquelles de jeunes gens masqués ont pillé des magasins et mis le feu à des immeubles. Cette crise sans précédent a amené le Premier ministre britannique David Cameron à écourter ses vacances pour annoncer la tenue, jeudi, d'une réunion extraordinaire du Parlement britannique, ainsi que l'augmentation des effectifs policiers, les faisant passer de 6 000 à 16 000 à Londres dès mardi soir. Les manifestations qui secouent la Grande-Bretagne ont commencé samedi à Tottenham, à l'occasion de la commémoration du décès de Mark Duggan, citoyen noir de 29 ans, tué par balle par la police qui menait une opération anti-criminalité.