gbagbo_alassaneL’ex président ivoirien n’a pas compris Clausewitz comme nous l’écrivions déjà dans notre post de février 2010, bien avant l’élection présidentielle. A St Raplh qui me reprochait d’être trop dur avec Gbagbo, j’avais expliqué que je le voyais se diriger tout droit vers un désastre. Et que les mots durs que j’employais à son encontre n’étaient que le résultat de ma crainte de le voir chuter lamentablement. L’histoire m’a donné raison, et je n’en suis pas fier. J’aurais personnellement, mille fois,préféré avoir tort.Déjà en février 2010, dans mon post intitulé « Gbagbo n’a pas compris Clausewitz, j’avais mis en relief la tendance manifeste de l’alliance politico-rebelle englobant le PDCI et quelques petits partis égarés à la fraude. Je parlais déjà à cette époque de « putsch électoral ». Il est vraiment dommage que ce soit seulement maintenant, que ceux qui étaient au cœur du système s’en rendent compte. Le changement de stratégie des ennemis de la nation avait été perçu comme une possibilité de sortie de crise, par pure naïveté, par les refondateurs. Gbagbo lui-même s’écriera par la suite, « on m’a trahi », sans préciser qui l’a trahi, comment et pourquoi ? Il est évident que jamais il n’aurait eu le courage d’avouer au digne peuple ivoirien que la nation devait ses milliers de morts au fait qu’il ait naïvement accordé sa confiance à ses ennemis mortels, Soro guillaume et Blaise Compaoré. Et nous nous demandions avant l’élection présidentielle, comment le vaillant Gbagbo pouvait-il se fier à des criminels voleurs, violeurs et éventreurs de femmes enceintes ? Cela nous ramène aux propos de Dominique Ouattara et rapporté par le valeureux Waramba, député de Bako : « Si Dieu ne voulais pas qu’on les tonde, il n’en aurait pas fait des brebis ».

La rébellion qui éclate en septembre 2002 atteindra finalement son objectif principal le 11 avril 2011 avec la capture de Laurent Gbagbo par les soldats français. En prenant les armes en 2002, les dirigeants des mouvements rebelles avaient pour ambition de renverser par la force des armes, le régime de Laurent Gbagbo, démocratiquement élu en octobre 2000. Ce projet antidémocratique sera contrarié par la volonté populaire opposée à toute forme d`accession au pouvoir par les armes (…). Les armes ayant montré leurs limites face à la détermination populaire (…), les rebelles et leurs parrains vont alors changer de tactique pour atteindre leur objectif : la prise du pouvoir se fera par le biais de l`organisation d`un scrutin maîtrisé de bout en bout (…) C`est par le truchement de la mainmise sur la Commission électorale, dite indépendante, que le projet de renversement du pouvoir de Gbagbo va être mis en œuvre... La CEI établie, les partis politiques de l`opposition (PDCI, RDR, UDPCI, MFA) et les mouvements rebelles (MPCI, MPIGO, MJP) se regroupent en coalition (G7). L`objectif ? Porter à la tête de la CEI un des leurs, BeugréMambé. L`emprise de la Commission par l`opposition sera achevée avec la mise en place de ses organes : toutes les présidences et vice-présidences des commissions locales passeront aux mains du RHDP (opposition politique) et des mouvements rebelles. Ces déséquilibres structurels auront de lourdes conséquences ultérieurement... C`est donc dans ces conditions troubles que le peuple ivoirien sera invité à se rendre aux urnes.

Charles Blé Goudé in « Le traquenard électoral »