ARRETEZ LES MASSACRES DES FRCI SUR LES POPULATIONS !

1/ CONTEXTE DE LA DESIGNATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT :

BOGA__1___Large_Le mardi 13 mars 2012, le Chef de l’Etat ivoirien, M. Alassane Ouattara, a procédé à la désignation des membres de son nouveau gouvernement, suite à la démission de M. Guillaume Soro, le chef de la rébellion des Forces nouvelles. Ce dernier a été parachuté à la tête de l’Assemblée nationale.

A cette occasion, il nous paraît plus qu’important de rappeler les violations extrêmement graves des Droits de l’Homme qui ont caractérisé l’ère du premier gouvernement et demander au gouvernement ADO II, la cessation immédiate des massacres commis par les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) sur les populations.

En effet, depuis la capture du Président de la République Laurent Gbagbo par l’armée française et les FRCI, le lundi 11 avril 2011, suivie par la constatation du Conseil constitutionnel ivoirien de la prise du pouvoir par M. Ouattara et les siens, le 6 mai 2011, il ne se passe pas de semaine, voire de jour, sans que la Côte d’Ivoire et ses habitants ne subissent les affres et massacres des soldats des FRCI et des dozos qui règnent sur le pays.

Il n’est pas inutile de rappeler que les pires massacres des FRCI datent de la fin mars 2011 à Duékoué, soit une dizaine de jours après leur création (ou leur mutation de Forces nouvelles en FRCI) par une ordonnance de M. Alassane Ouattara signée le 17 mars 2011, à l’Hôtel du Golf. Estimée à près de mille (1000) morts par la Croix Rouge et l’ONUCI, cette tragédie du peuple wè a amené les nouveaux dirigeants à avancer le chiffre de trois milles (3000) personnes exterminées pour le changement de pouvoir en Côte d’Ivoire. Y compris les exécutions massives qui ont été commises pendant et juste après le 11 avril 2011, sur tous ceux qui ont été pris dans cette période par les FRCI, partout à Abidjan (surtout dans la commune de Yopougon) et à l’intérieur du pays, avec le moindre soupçon d’être pro-Gbagbo ; même les noms de ces malheureux ont parfois causé leur mort.

Malheureusement, M. Alassane Ouattara et son premier gouvernement dirigé par le chef de la rébellion des Forces nouvelles n’ont pas réussi à mettre fin aux souffrances des populations, encore moins ils n’ont pu protéger, ni rassurer, ni réconcilier les Ivoiriens.

Au contraire, depuis la fin de l’année 2011 à ce jour, les événements tragiques se suivent et se ressemblent, démontrant que les FRCI sont plutôt en guerre contre les populations. C’est le cas des crimes commis à Vavoua, le 18 décembre 2011 ; à Sikensi, le 24 décembre 2011 ; et en ce début d’année 2012, à Bangolo, àN’Douci, à Yaou, à Arrah, à Bonon ou à Bonoua ; et plus récemment encore à Abobo et à Séguela. Sans oublier le grand meeting organisé par le FPI, le parti de M. Gbagbo, le samedi 21 janvier 2012, qui a été attaqué et qui s’est soldé par des morts et des blessés, en présence des casques bleus de l’ONUCI.

Très quotidiennement donc, les populations ivoiriennes sont traumatisées, terrorisées et violentées par les FRCI ; sans que ces crimes n’émeuvent les nouvelles autorités du pays.

 

2/ EXIGENCES NOUVELLES :

Au regard de ce qui précède, La FIDHOP-EUROPE exige du nouveau gouvernement ce qui suit.

a. Ce deuxième gouvernement ADO a l’impérieuse obligation de faire cesser toutes les arrestations arbitraires, les assassinats ciblés et récurrents, les exécutions sommaires, les attaques et massacres des populations commises par les éléments des FRCI.

b. Les Droits de l’Homme et les libertés publiques garanties par l’Etat de droit et la Démocratie doivent être réaffirmés et scrupuleusement respectés. Il serait inadmissible et intolérable qu’un Premier Ministre, à la fois Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, travaillant en tandem avec un Président de la République, lui-même Ministre de la Défense, ne parviennent pas à contrôler leurs troupes et à faire cesser tous ces massacres imputés aux FRCI.

Ce serait alors une capitulation et la fin de la République !

c. En tout état de cause, la FIDHOP-EUROPE précise qu’après s’être fait proclamer Président de la République, par la force, M. Alassane Ouattara et ses gouvernements doivent assumer toutes leurs responsabilités dans la sécurisation des personnes vivant sur le territoire ivoirien, ainsi que celle de leurs biens. Toutes défaillances au niveau sécuritaire et toutes souffrances des populations, commises de surcroît par les FRCI, resteront entièrement imputables aux dirigeants actuels ! Et s’ils ont osé traduire le Président Laurent Gbagbo à la CPI, ils devraient savoir qu’eux aussi risqueraient le même traitement au moment venu !

 

Fait à Bruxelles, le 14 mars 2012

Dr BOGA SAKO GERVAIS

Enseignant-Chercheur à l’Université de Côte d’Ivoire

Membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI) ;

Président de la Fondation Ivoirienne pour Les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP) ;

Auteur du livre publié à L’Harmattan en 2007 : « Les Droits de l’Homme à l’épreuve : cas de la crise ivoirienne du 19 septembre 2002 » et de « LA GUERRE D’ABIDJAN n’aurait jamais dû avoir lieu », avec pour sous-titre : « Et si M. Sarkozy avait trompé le monde entier sur la crise ivoirienne de 2010 ? » paru en Italie en 2012.

En EXIL en Europe.