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 Depuis le début de l’année 2012, une partie de la forêt du département de Zouan-Hounien est occupée illicitement par des ressortissants du Burkina-Faso. Bizarrement, aucune autorité politique et administrative ne lève le petit doigt pour dénoncer cela. Les populations autochtones se sentent abandonnées par ces autorités. L’adage nous enseigne que «qui ne dit mot consent ». Le mutisme et la passivité des autorités administratives, politiques et des cadres face à l’invasion d’une grande partie des forêts du département de Zouan-Hounien, illustrent parfaitement cet adage. En effet, votre quotidien Notre Voie, dans sa parution n° 4043 du 25 janvier 2012, avait écrit sur des affrontements entre les autochtones Yacouba, originaires du département de Zouan-Hounien et des Burkinabè.

 Ces affrontements font suite à l’invasion d’une forêt de près de 1000 hectares par ces ressortissants du Burkina-Faso arrivés en convoi en début de cette année 2012. Des blessés graves ont été enregistrés suite à ces disputes dans le camp des Yacouba pourtant propriétaires terriens qui ont été surpris par des hôtes imprévus et indésirables eu égard à leur comportement peu catholique. Vu la complexité de cette affaire et les risques de pertes en vie humaine que cela pourrait engendrer de part et d’autre, l’on attendait des autorités administratives, politiques et des cadres, des réactions promptes et spontanées dans une impartialité totale à l’effet d’éviter un bain de sang inutile. Que non ! C’est dans une passivité et un mutisme surprenants que le préfet, Bruno Yao Kouassi, les élus et les cadres gèrent cette affaire qui, si l’on n’y prend garde, dégénérera un jour.

Déçus de leurs fils, les victimes ont décidé de se battre seules. Ainsi, tout récemment, elles ont organisé à Biantouo 2 une marche de protestation contre la présence illégale des ressortissants du pays des hommes dits intègres dans leur forêt. Aussi, leur suspicion à l’endroit du corps préfectoral, de prendre fait et cause pour des Burkinabè, s’est avérée, car le préfet, Bruno Yao Kouassi leur a demandé de laisser les Burkinabè en paix d'autant plus que leur président, Blaise Compaoré, a joué un rôle prépondérant dans la résolution de la crise ivoirienne. Et que seul le gouvernement Ouattara peut décider de leur départ, cela, en sa qualité de propriétaire terrien légal des terres ivoiriennes, conformément à la loi sur le foncier rural.

De tels propos, on s’en doute, ne sont pas faits pour calmer les esprits des populations qui voient clairement qu’elles sont victimes d’un complot de l’Etat qui veut leur arracher leurs terres pour les donner aux Burkinabè qui ne cessent d’ailleurs d’arriver en masse dans la région de l’Ouest.

Une correspondance d'Emile Kian

Source : Notre Voie