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LE JOUR OU LES PAPOUS ONT VU L'HOMME BLANC

En 1930, trois frères australiens, des aventuriers à la recherche d'or, s'enfoncent dans l'intérieur des terres de Nouvelle-Guinée. Protégée par des montagnes et une forêt dense, c'est l'une des dernières régions du monde inexplorées par l'homme blanc. Après une marche longue et pénible, ayant franchi un ultime col, l'expédition découvre un incroyable monde perdu: une série de vallées perdues habitées par un million d'habitants, des papous.

Les indigènes sont stupéfaits, ils pensent êtres les seuls êtres humains au monde. A leurs yeux, les nouveaux-venus ne peuvent pas être des hommes: ce sont les esprits de leurs ancêtres qui, après leur mort, sont devenus blancs. Retrouvé par les auteurs de ce documentaire, un demi-siècle plus tard, l'un de ces papous se souvient de ce choc culturel : "Leurs porteurs avaient des sacs à dos, et nous pensions que leurs femmes devaient être enfermées dedans. Ils portaient aussi des ceintures rouges autour de la taille et une baïonnette sur le côté. Nos hommes disaient: "Que les femmes ne regardent pas, ils doivent enrouler leur pénis énorme autour de leur taille".

Quand nous avons aperçu leurs ceintures et leurs pantalons, nous en avons déduit qu'ils ne devaient pas produire d'excréments tant ils étaient couverts. On se demandait comment ils pouvaient s'en débarrasser. Un jour, l'un de nous, caché, a vu l'homme blanc faire ses besoins. "L'homme venu du ciel vient de déféquer", nous a aussitôt avertis. Dès que l'homme blanc est parti, tout le monde est allé regarder. "Leur peau est différente, a-t-on dit, mais leur merde sent tout autant."

Jean-Pierre Vrignaud