Dossier, dense et détaillé, de Bernard Desgagné sur la crise ivoirienne ou sur ce qui conviendrait d’appeler, pour être dans le vrai, « l’agression militaire barbare et sauvage de la Côte d’Ivoire par France ». 

Deux ans après la recolonisation de la Côte d’Ivoire Le résultat de la démocratie des bombes

C’était il y a deux ans jour pour jour, le 11 avril 2011. La démocratie s’abattait dans un déluge de feu et de sang sur la Côte d’Ivoire. Piétinant les cadavres encore chauds, une nuée de perroquets à micro et oreillette chantaient la joie et la paix retrouvées grâce à l’OTAN victorieuse contre le tiers monde. Gbagbo capturé, son rival Ouattara du FMI pourrait enfin exercer le pouvoir présidentiel que la communauté internationale™ s’était empressée de lui recoauton678nnaitre le 2 décembre 2010. Sentant la bonne affaire pétrolière, Ottawa avait d’ailleurs été l’une des premières capitales à se réjouir des résultats électoraux décrétés par un haut fonctionnaire onusien, en lieu et place des institutions ivoiriennes dument habilitées.

Puis, plus rien. Fini, le feuilleton postélectoral de la Côte d’Ivoire à Radio-Canada, dans La Presse et dans Le Devoir. Plus besoin d’en parler, puisque les horreurs de l’époque Gbagbo étaient définitivement chose du passé. N’y avait-il pas un dictateur en Libye qui méritait une bonne leçon otanesque de respect des droits de la personne ? N’y en avait-il pas un autre en Syrie ? Perroquets et champions du copier-coller ne manqueraient pas de pain sur la planche ailleurs. Satisfaits, les médias unanimes laissèrent gentiment les Ivoiriens retrouver leur sérénité.

La plupart des lecteurs de Vigile étant des gens avertis, ils ne se seront pas surpris d’apprendre — s’ils ne le savent pas déjà — qu’en réalité, les deux dernières années de régime prétendument démocratique ont été infernales pour les Ivoiriens. Aussi infernales que les huit années et demi précédentes de guerre civile, cadeau de Chirac, Sarkozy et Ouattara. Malheureusement, les lecteurs de Vigile ne constituent qu’une infime minorité des Québécois. La vaste majorité continue de vivre dans l’univers fantaisiste créé de toutes pièces par les patrons de presse pour les endormir. La fabrication du consentement, dirait Chomsky. Un consentement de plus en plus criminel, qui s’apparente à celui des Allemands dont Goebbels cultivait l’insouciance et le sentiment de supériorité pendant que les panzers défilaient sur les Champs-Élysées… jusqu’à ce que les bombes pleuvent sur Dresde.

En ce sombre anniversaire, je souhaite brosser le tableau des deux dernières années de calvaire des Ivoiriens dans l’espoir que j’éveillerai quelques consciences de plus. Non pas que ce soit le seul drame sur terre. D’autres peuples souffrent autant. Pensons seulement aux victimes de Paul Kagame en RDC et au Rwanda. Pensons aux Syriens massacrés par les terroristes salafistes de l’OTAN et des pétromonarchies. Il faudra certes en reparler, comme beaucoup l’ont fait déjà sur Vigile et les autres tribunes échappant à la dictature médiatique.

Le drame ivoirien n’est pas le seul, mais c’est en éclairant d’une lumière crue tantôt une souffrance, tantôt l’autre que nous arriverons à percer le brouillard qui aveugle les consciences. En éclairant non seulement la souffrance elle-même, mais également, et surtout, les vrais responsables. C’est ainsi qu’un jour peut-être, une masse critique de Québécois, en particulier parmi les acteurs politiques de bonne foi, comprendra qu’elle est manipulée à l’extrême par de grands criminels — rien à voir avec la petite racaille de la commission Charbonneau — et que le monde n’est pas du tout celui dans lequel elle croit vivre.

Le peuple québécois aura d’autant plus de chances de se libérer du carcan dans lequel l’ont enfermé ses exploiteurs — membres enthousiastes du syndicat du crime massacreur d’Africains — qu’il saura échapper à la manipulation incessante de la pensée par les médias. Le grand capital, ennemi de l’intérêt général et de la souveraineté des peuples, doit par conséquent déployer des moyens colossaux afin qu’une telle chose n’arrive pas, sous peine de perdre son droit divin de s’enrichir infiniment avec le travail des autres.

Qui a gagné l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire ?

Parallèlement aux horreurs vécues par les Ivoiriens, dont nous reparlerons dans un instant, s’est déroulée à la lugubre Cour pénale internationale (CPI), du 19 au 28 février 2013, l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo, président de la Côte d’Ivoire renversé et humilié par l’armée française. Fidèles à leur habitude d’occultation et de suivisme, les médias