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A Niambly, le quartier des "allogènes" est séparé de celui des Guéré par la route principale. C'est là que vit Georges Souli, petit commerçant burkinabè de 30 ans. Au milieu de sacs de riz et de bidons d'huile, il reproche aux Guéré de manquer à "la parole donnée", ce qui expliquerait pour lui de nombreux conflits. "Ce sont les mêmes qui vous cèdent les terres et veulent vous en déposséder quelques années après", affirme-t-il. Près de lui, plusieurs de ses compatriotes acquiescent.


Sans état d'âme, il oppose l'immigré "travailleur" à l'Ivoirien du cru, le "forestier paresseux" et "jaloux" des "fruits de notre labeur, nos motos, nos vélos", reprenant une distinction qui a la vie dure et dont le romancier ivoirien Venance Konan a tiré un parti humoristique dans ses livres ("Robert et les Catapila", notamment). Chaussé de bottes et machette en main, Michel Kaboré revient de sa plantation de cacao. Ce Burkinabè met en garde : "tenter de nous retirer les terres serait considéré comme une déclaration de guerre".

 Source : Afp